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Bonnes nouvelles

Mon enfant, va travailler dans ma Vigne.

Décidément, la métaphore de la Vigne irrigue notre méditation ces derniers jours. Déjà dimanche dernier, il était question des ouvriers appelés aux heures différentes avec un même salaire. Ce dimanche, on est en face d’un appel presque simultané : un appel non pas d’un propriétaire aux ouvriers, mais d’un père à ses deux fils : « mon enfant, va travailler dans ma vigne » !

En donnant un même salaire aux ouvriers de la première et de la dernière heure, Jésus attirait notre attention sur la bonté du Maître qui veut combler chacun indépendamment des mérites. Sa justice se règle sur la gratuité, sur le don sans mesure et sans calcul… On a vite conclu, dans notre logique, de trouver que ce Maître était arbitraire, son attitude était analysée sous le prisme de notre œil qui a tendance à regarder dans la cagnotte du voisin. Continuer la lecture

« Allez, vous aussi à ma Vigne »

Il y a des passages de l’évangile qui sont difficiles à commenter dans un contexte de récession économique où les slogans « travailler plus pour gagner d’avantage » semblent être la norme ; dans un contexte de chômage où la courbe fléchit sans amorcer véritablement la pente ; dans un contexte où les signaux de reprise de l’économie sont ternes au point de faire éclabousser l’indice de confiance sans lequel les investisseurs ne peuvent se jeter à l’eau… Ce contexte ne peut que jeter la stupeur et la confusion dans la tête du citoyen « Lambda », et du chrétien que je suis. Et pourtant, Jésus nous interpelle : « Allez, vous aussi à ma Vigne »

Au juste qu’est-ce que Jésus veut bien nous faire découvrir dans cette parabole où les ouvriers de la dernière heure gagnent autant que ceux de la première ? N’y aurait-il pas une injustice dans les salaires distribués par ce Maître ? Au risque de mal poser le problème de cette parabole, commençons par quelques remarques qui feront parler le texte :

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Les deux derniers dimanches, j’ai insisté sur la mission et la place du Curé en rapport avec la communauté paroissiale, une communauté dont les membres sont distincts, spécifiques avec un défi humain et évangélique de tendre vers l’unité et la communion…

Poursuivant la même réflexion ce dimanche, je m’arrêterai sur le rôle social du Curé en particulier et du prêtre en général : « prêtre, citoyen au milieu de vous… ».

        « Prêtre, citoyen au milieu de vous… ». C’est la « kénose », c’est le dépouillement des prérogatives divines du Christ pour épouser l’humanité : Dieu qui vit la condition des hommes ! Ce Dieu ne pouvait pas nous sauver s’il n’avait pris chair de notre chair. L’Apôtre Paul dira : « tout en tous » (1 Cor 15,28) : Dieu s’est fait l’un de nous ! Continuer la lecture

…(suite du 02/09)

Comme annoncé, je poursuis notre méditation sur les paroles lumineuses de St Augustin qui nous servent de boussole et de devise. Cette semaine, je vais axer mon propos sur : « Prêtre pour vous et chrétien au milieu de vous… »

« Prêtre pour vous…, » c’est une mission « pro populo » pour le peuple. Toute la mission du prêtre est d’offrir au peuple et pour le peuple « les trésors de la grâce de Dieu » par l’annonce de la Parole de Dieu, l’administration des sacrements… Même quand le prêtre dit « l’office » dans un coin tout seul, il dit la prière de l’Eglise, la prière pour l’Eglise et la prière avec l’Eglise. Ainsi, plus qu’une fonction hiérarchique la charge du Curé se comprend dans « le soin des âmes » qui signifie « être pour… »! Sa gestion du temporel comme celle du spirituel converge vers ce but ultime ! Et la sanctification du prêtre est intimement liée à l’exercice de ce ministère « pour… » ! Les Paroles de l’Apôtre Paul de ce dimanche ont une résonnance particulière dans la vie et le ministère du prêtre : « aucun d’entre vous ne vit pour soi-même ». Notre dette se conjugue donc avec un devoir « d’amour mutuel ». Continuer la lecture

Alors que l’appel du Seigneur me conduit sur la Communauté des Paroisses du Plateau de l’Issole au cœur de la Provence verte, je voudrais prendre comme devise et charpente de ma mission les mots de St Augustin : « Prêtre pour vous, chrétien avec vous… ». Pour mieux contextualiser les sages paroles de St Augustin d’Hippone, je me permettrai un ajout :  Prêtre pour vous, chrétien avec vous et citoyen au milieu de vous .

Pour les besoins d’édition assez limitée de la feuille paroissiale, je vais articuler cette devise en deux ou trois parties étalées sur les trois prochains dimanches. Continuer la lecture

37. Saint Thomas d’Aquin enseignait que même dans le message moral de l’Église il y a une hiérarchie, dans les vertus et dans les actes qui en procèdent. Ici, ce qui compte c’est avant tout « la foi opérant par la charité » (Ga 5, 6). Les œuvres d’amour envers le prochain sont la manifestation extérieure la plus parfaite de la grâce intérieure de l’Esprit : « L’élément principal de la loi nouvelle c’est la grâce de l’Esprit Saint, grâce qui s’exprime dans la foi agissant par la charité ». Par là il affirme que, quant à l’agir extérieur, la miséricorde est la plus grande de toutes les vertus : « En elle-même la miséricorde est la plus grande des vertus, car il lui appartient de donner aux autres, et, qui plus est, de soulager leur indigence ; ce qui est éminemment le fait d’un être supérieur. Ainsi se montrer miséricordieux est-il regardé comme le propre de Dieu, et c’est par là surtout que se manifeste sa toute-puissance ».

38. Il est important de tirer les conséquences pastorales de l’enseignement conciliaire, qui recueille une ancienne conviction de l’Église. D’abord il faut dire que, dans l’annonce de l’Évangile, il est nécessaire de garder des proportions convenables. Ceci se reconnaît dans la fréquence avec laquelle sont mentionnés certains thèmes et dans les accents mis dans la prédication. Par exemple, si un curé durant une année liturgique parle dix fois sur la tempérance et seulement deux ou trois fois sur la charité ou sur la justice, il se produit une disproportion, par laquelle ces vertus, qui devraient être plus présentes dans la prédication et dans la catéchèse, sont précisément obscurcies. La même chose se passe quand on parle plus de la loi que de la grâce, plus de l’Église que de Jésus Christ, plus du Pape que de la Parole de Dieu. Continuer la lecture

« LA JOIE DE L’EVANGILE » PAPE FRANCOIS

  1. Du moment que je suis appelé à vivre ce que je demande aux autres, je dois aussi penser à une conversion de la papauté. Il me revient, comme Évêque de Rome, de rester ouvert aux suggestions orientées vers un exercice de mon ministère qui le rende plus fidèle à la signification que Jésus-Christ entend lui donner, et aux nécessités actuelles de l’évangélisation. Le Pape Jean-Paul II demanda d’être aidé pour trouver une « forme d’exercice de la primauté ouverte à une situation nouvelle, mais sans renoncement aucun à l’essentiel de sa mission ». Nous avons peu avancé en ce sens. La papauté aussi, et les structures centrales de l’Église universelle, ont besoin d’écouter l’appel à une conversion pastorale. Le Concile Vatican II a affirmé que, d’une manière analogue aux antiques Églises patriarcales, les conférences épiscopales peuvent « contribuer de façons multiples et fécondes à ce que le sentiment collégial se réalise concrètement ». Mais ce souhait ne s’est pas pleinement réalisé, parce que n’a pas encore été suffisamment explicité un statut des conférences épiscopales qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique. Une excessive centralisation, au lieu d’aider, complique la vie de l’Église et sa dynamique missionnaire.
  2. La pastorale en terme missionnaire exige d’abandonner le confortable critère pastoral du “on a toujours fait ainsi”. J’invite chacun à être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés. Une identification des fins sans une adéquate recherche communautaire des moyens pour les atteindre est condamnée à se traduire en pure imagination. J’exhorte chacun à appliquer avec générosité et courage les orientations de ce document, sans interdictions ni peurs. L’important est de ne pas marcher seul, mais de toujours compter sur les frères et spécialement sur la conduite des évêques, dans un sage et réaliste discernement pastoral.

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« LA JOIE DE L’EVANGILE » Pastorale en conversion

  1. Je n’ignore pas qu’aujourd’hui les documents ne provoquent pas le même intérêt qu’à d’autres époques, et qu’ils sont vite oubliés. Cependant, je souligne que ce que je veux exprimer ici a une signification programmatique et des conséquences importantes. J’espère que toutes les communautés feront en sorte de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont. Ce n’est pas d’une « simple administration » dont nous avons besoin. Constituons-nous dans toutes les régions de la terre en un « état permanent de mission ».
  2. Paul VI a invité à élargir l’appel au renouveau, pour exprimer avec force qu’il ne s’adressait pas seulement aux individus, mais à l’Église entière. Rappelons-nous ce texte mémorable qui n’a pas perdu sa force interpellante : « L’heure sonne pour l’Église d’approfondir la conscience qu’elle a d’elle-même, de méditer sur le mystère qui est le sien […] De cette conscience éclairée et agissante dérive un désir spontané de confronter à l’image idéale de l’Église, telle que le Christ la vit, la voulut et l’aima, comme son Épouse sainte et immaculée (cf. Ep 5,27), le visage réel que l’Église présente aujourd’hui. […] De là naît un désir généreux et comme impatient de renouvellement, c’est-à-dire de correction des défauts que cette conscience en s’examinant à la lumière du modèle que le Christ nous en a laissé, dénonce et rejette ».

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«LA JOIE DE L’EVANGILE» PAPE FRANCOIS

  1. L’intimité de l’Église avec Jésus est une intimité itinérante, et la communion «se présente essentiellement comme communion missionnaire ». Fidèle au modèle du maître, il est vital qu’aujourd’hui l’Église sorte pour annoncer l’Évangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans hésitation, sans répulsion et sans peur. La joie de l’Évangile est pour tout le peuple, personne ne peut en être exclu. C’est ainsi que l’ange l’annonce aux pasteurs de Bethléem : «Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple » (Le 2, 10). L’Apocalypse parle d’« une Bonne Nouvelle éternelle à annoncer à ceux qui demeurent sur la terre, à toute nation, race, langue et peuple » (Ap 14, 6).

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« LA JOIE DE L’EVANGILE » PAPE FRANCOIS

  1. Ici, j’ai choisi de proposer quelques lignes qui puissent encourager et orienter dans toute l’Eglise une nouvelle étape évangélisatrice, pleine de ferveur et de dynamisme. Dans ce cadre, et selon la doctrine de la Constitution dogmatique Lumen qentium, j’ai décidé, entre autres thèmes, de m’arrêter amplement sur les questions suivantes:
    a) La réforme de l’Église en ‘sortie’ missionnaire.
    b) Les tentations des agents pastoraux.
    c) L’Eglise comprise comme la totalité du Peuple de Dieu qui évangélise.
    d) L’homélie et sa préparation.
    e) L’insertion sociale des pauvres.
    f) La paix et le dialogue social.
    g) Les motivations spirituelles pour la tâche missionnaire.

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