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Echo des Paroisses de l’Issole – 02/02/2018

EDITO A l’épreuve pour une couronne qui ne fane pas !(1Cor.1-3)

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Dans le missel de Pie V (missel promulgué le 14juillet 1570), la liturgie pascale, cœur du mystère de notre foi et levier de notre rédemption se décline en trois grands moments distincts :

  1. le temps d’entrainement. Il s’agit des dimanches qui précèdent l’entrée en carême.
  2. Le temps du combat, c’est le temps du carême proprement dit.
  3. le temps de la victoire ou le temps de Pâques.

La liturgie, en présentant et distinguant ces « trois temps », se réfère à la métaphore de l’Apôtre Paul qui utilise l’image d’un sportif qui se prépare aux épreuves d’une compétition. Nous le savons, la victoire d’un sportif, dans une course ou dans n’importe quelle compétition, est précédée d’un temps d’entrainement, « un temps de mise au vert » pour les footballeurs ! Ce temps est presque indispensable pour une performance qui octroie la « couronne » ou la victoire.

En ce temps de carême ou de « pré-carême », le chrétien est un « athlète dans un stade ou sur un ring » : endurance, épreuve, effort …, constituent le quotidien de sa vie. Seulement, cette épreuve n’est pas une « fatalité », ni une damnation, mais un temps transitoire qui le prépare à la victoire finale.

Le carême que la liturgie propose dans la démarche de la vie du chrétien est « un temps d’entrainement » pour emprunter l’image de l’Apôtre Paul aux Corinthiens. De même que les athlètes s’imposent une discipline pour espérer gagner une couronne…, de même que nos aînés dans la foi, les Hébreux, sont passés par « le désert de la soif et de la faim, pour espérer entrer dans la « Terre Promise »…., De même que Jésus a été poussé dans le désert pour affronter les pièges du Tentateur et nous montrer comment les éviter…, de même le chrétien passe par « ces quarante jours » où il s’impose ( on ne lui impose pas), un certain nombre de règles et une hygiène  de vie pour espérer,  lui aussi, la « Victoire ». Comment pouvait-il en être autrement ? Et, en plus, ne dit-on pas : « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » ?  Le péril, c’est le « sprint final et constant » qui exclut le « dopage » : Pendant que l’épreuve assumée nous conduit à une victoire avec gloire et dans la gloire, le dopage, une sorte de raccourci et de déni de l’épreuve, nous octroie une victoire sans gloire !

En ce temps de carême, l’Eglise, notre Mère, propose à ses enfants trois règles qui résument tout ce qu’on peut imaginer : Le Jeûne, la Prière et la Charité !

Ces règles, on les a tellement entendues, au point d’en perdre le sens et leur impact dans notre vie ! Parler de « règles », revient parfois, à les décliner en termes de « normes ou de lois » comme nous les présentait une certaine catéchèse. Prière, Jeûne, Charité sont des boussoles qui orientent la vie chrétienne : ce sont les balises de l’entrainement pour les sportifs…, des panneaux de signalisation sur une route inconnue pour un conducteur…, des béquilles sur un chemin escarpé pour un handicapé… ! Ces comparaisons peuvent mieux nous aider à comprendre que « le Jeune, la Prière et la Charité » ne sont pas « des disciplines d’un moment », des règles extérieures…, mais des disciplines de vie, le terrain de mon entrainement pour le combat spirituel…, le combat de la vie…, et pourquoi pas le combat de la vie en société et pour une Eglise renouvelée ?

La charité : c’est le souci du pauvre, le respect de la vie à toutes les étapes, la promotion de la famille… Elle est l’expression du regard compatissant devant la Samaritaine. Le plus éloigné devient Le plus proche. L’Eglise, par la médiation de vos prêtres, vous tendra la main au cours de ce temps où notre charité se fait inventive avec votre geste, votre don habituel du Denier de Culte. On pourrait aussi pousser notre charité en devenant un ambassadeur du Dernier de l’Eglise !

La prière : elle est le nerf et le fondement de ma relation personnelle et communautaire avec Dieu. Il ne s’agit pas de transformer « nos fidèles » en moines ou moniales…, mais de discerner les profanations et autres dérisions qui touchent Dieu, l’Eglise, la vie humaine et chrétienne. Avec la Prière, nous nous appuyons sur la Force et la Grâce de Dieu pour Le rendre visible dans nos vies.

Le jeûne. C’est une ascèse qui m’oriente sur le respect de mon corps, de ma conscience de chrétien en face  des valeurs sociétales, humaines et écologiques…

En nous souhaitant « un saint et fructueux temps de carême », fixons les yeux sur le Christ, lumière de notre vie  et entrons dans le combat de Dieu qui se manifeste étonnamment dans la Victoire de son Fils sur la mort : Pâques !

Père Dieudonné MASSOMA

Echo des Paroisses de l’Issole – 02/02/2018