Archives

Echo des Paroisses de l’Issole – 03/06/2018

EDITO :  Ut unum sint (qu’il soit un)

Cliquez pour télécharger

Enfin le renouvellement tant attendu plante sa tente dans nos prairies reverdies. Les fleurs arborent leurs plus belles parures au grand dam de nos regards avides de suavité et le bonheur des abeilles qui s’impatientaient déjà. Dans le cycle des saisons, le printemps chante la beauté de la différence et témoigne aussi de l’unité d’une nature, à la fois, diverse et unifiée. A contempler cette nature parsemée de fleurs multicolores qui forment un bouquet bariolé, j’ai envie de tirer mon chapeau à ce Jardinier ingénieux qui se cache derrière cette fresque odoriférante !

La biodiversité reprise en boucle de nos jours n’est pas une découverte de l’esprit humain : elle est déjà voulue et pensée par ce Jardinier qu’on ne veut nommer : Dieu ! Le cycle des saisons consolide cette diversité, mais ne saurait la créer. L’écologie intégrale, à la différence de l’écologie militante, attire l’attention de l’homme sur la protection de cette diversité, mais aussi sur sa beauté : sa diversité devient alors une richesse et son unité un message, une leçon et un devoir à préserver !

« Ut unum sint » (qu’il soit un) est le cri du cœur de Saint Jean Paul II dans l’encyclique publiée le 25 Mai 1995. « Qu’il soit un… » nous rappelle la Prière de Jésus dans l’Evangile de Jean (Jn 17,21-22). Pour Jésus, ce fut une prière prophétique et testamentaire :

Prophétique, parce qu’elle avertit à l’avance du devoir d’unité qui pourrait être sérieusement mis à mal en raison de la diversité inhérente à la vie des hommes, des végétaux, des animaux et de tout ce qui existe…

Testamentaire, à cause de son caractère central et essentiel dans tout ce que Jésus a fait et dit pendant son séjour terrestre. Cette Prière constitue, dans l’Evangile de Jean, les dernières paroles de Jésus avant les tragiques événements de sa Passion. A-t-il réservé le plus important pour la fin ? J’ai envie de le croire et de nous convier aussi à ce mouvement d’unité dans la diversité qui trouve son centre de gravité dans le mystère de la Trinité célébré le dernier dimanche de Mai.

L’unité dont parle Jésus, avec une grande passion, n’est pas un qualificatif de la mission des Apôtres, mais elle est le substrat sans lequel leur témoignage n’aurait pas de fécondité. Cette unité ne gomme pas les différences, ni la spécificité de chaque être. Elle en est l’expression de sa beauté, sa richesse insondable, à la manière d’un bouquet de fleurs multicolores sous nos yeux ou une symphonie musicale agréable à nos oreilles ! Un tel chef-d’œuvre sous-entend des nuits de travail acharné et des sacrifices avérés pour tout artiste. L’unité, racine principale de l’amour, a valu à Jésus le couronnement d’un sacrifice suprême : « il les aima jusqu’au bout » !

De cette unité, parlons-en, en termes de projet à construire, d’objectif à atteindre, une quête à poursuivre et toujours à parfaire…

Nous venons de célébrer la fête de la Pentecôte, mystère de communion par excellence dans la diversité : « …Juifs de naissance et convertis, Crétois, et Arabes, tous, nous les entendons proclamer les merveilles de Dieu dans nos langues maternelles ». On est donc loin de Babel (Gn 11, 1-9) où l’uniformité montre ses limites… Pendant que Babel engendre la confusion des langues, la Pentecôte les distinguent, nous invite à « l’ouverture à l’autre, celui qui m’est radicalement différent, comme voie qui mène au Tout Autre » (Emmanuel Levinas).  Comment ne pas reprendre cette prière de Jésus largement relayée dans l’encyclique de Saint Jean Paul II comme refrain pour notre communauté ?

Dans nos différentes églises, nous avons l’occasion de manifester cette unité dans la diversité de nos charismes : à chaque messe qui rassemble les enfants de Dieu dispersés, à chaque prière commune qui nous tourne vers Dieu… Mais pas que ça !!!

Les temps forts qui rythment la vie paroissiale en sont aussi les moments de l’expression visible de ce testament que le Christ laisse entre nos mains. Chaque acte qui concourt à ce témoignage d’unité est une annonce de l’évangile, crée un réseau de proximité humaine autour du Christ, Pain livré pour l’union des fidèles. Ainsi l’atteste ce vieux cantique de la Fête-Dieu : « en mangeant le même pain, que le même amour divin nous unisse à tous nos frères ». La table eucharistique est ainsi vécue en esprit et en vérité autour d’un repas convivial entre frères ! Le 16 juin, la communion fraternelle s’exprimera aussi autour d’un verre d’amitié, autour d’un travail fait ensemble, d’une réunion qui propose le partage des idées pour notre conversion pastorale…

Père Dieudonné MASSOMA

EPI précédent

Echo des Paroisses de l’Issole – 04/05/2018