Archives

« Quand l’homme met Dieu à l’épreuve »!

La Bible parle régulièrement des hommes qui mettent Dieu à l’épreuve. Seulement, toute la difficulté réside dans la traduction de l’expression « mettre Dieu à l’épreuve » Certaines fois, on traduit cette expression par « provoquer Dieu », par « tenter Dieu », ou par « piéger Dieu ». Rappelons-nous de l’épisode de l’Exode 17,1-7: Le peuple hébreu a soif dans le désert et ne fait plus confiance à Dieu. Dieu lui donne à boire par l’intermédiaire de Moïse et dit à Moïse d’appeler ce lieu Massa et Meriba c’est-à-dire « Épreuve» et « Querelle ». Dans la relation de l’homme avec Dieu, cet épisode est resté assez célèbre: l’homme éprouve Dieu pour voir ce dont il est capable…, s’il tient à sa Parole et à ses Promesses…

Dans ce cadre, l’épreuve a pour but de jauger le niveau de Fidélité de Dieu, de faire connaitre à l’homme la réalité profonde ses intentions, au-delà des apparences souvent incertaines et trompeuses. Si l’épreuve, de nature est difficile pour celui qui la subit ou l’endure, elle reste tout de même positive dans le sens pédagogique. Il s’agit alors de tester la valeur d’une relation, d’une compétence, ou d’une résistance…

En ce qui concerne la relation entre Dieu et l’homme, ce dernier met Dieu à l’épreuve quand il ne met plus sa foi en Lui:-Autrement dit: il le tente ou il le provoque… Et lorsque le Deutéronome ( Dt 6.16) dit: ((Tu ne mettras pas le Seigneur tQftDjeUàJépreuve», il voudrait éviter à l’homme un manque-de confiance qui pourrait nuire sérieusement à cette relation d’Alliance que Dieu a scellé sous le sceau de la Promesse: un engagement qui se réalise dans son temps, avec le temps et en son temps’

Dans l’évangile de ce dimanche, Saint Matthieu dit: «. . .Ies pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler». Le Nouveau Testament regorge de passages où les contemporains de Jésus le mettent à l’épreuve en lui posant une colle. On pourrait bien occulter cette phrase qui introduit l’évangile de ce dimanche. Pourtant, elle semble assez déterminante dans la suite de l’évangile et influence son même message. Ces interlocuteurs posent un problème existentiel dans la vie de l’homme et du chrétien dans le monde. Attendent-ils une réponse de Jésus ? Pas forcément! Ce n’est pas la réponse qui les intéresse, ce qu’ils attendent c’est « le piège » dans lequel ils veulent enfermer Dieu. Ils n’interrogent pas Dieu pour savoir, pour s’instruire, pour apprendre, mais pour le prendre en défaut. Quand l’homme met Dieu à l’épreuve…

A poser mal la question, on pourrait se focaliser sur une réponse qui ne tienne plus compte de la problématique réelle. Payer l’impôt a toujours été un caillou dans la chaussure du contribuable de tout temps. Pourraient-ils mettre à profit cette rencontre pour creuser ce problème qui impacte sur le quotidien du chrétien-citoyen? Ce serait l’idéal! Mais on se rend bien compte que cette rencontre entre Jésus et les Pharisiens n’a pas pour objectif de faire progresser cette question, mais d’insinuer une volonté de le tourner en dérision

Dans cette logique, mettre en épreuve suppose une permissivité, une attitude fourbe… Jésus l’appelle «Hypocrisie»! Dans une relation qui se veut « vraie », l’hypocrisie est un déguisement, une duplicité de vie qui entraine suspicion et méfiance! La vie chrétienne exige de nous une loyauté, une conviction, un choix de son camp!

Comme chrétiens, nous naviguons parfois sur deux barques, celle de l’EgIise et celle du monde! L’Eglise est dans le monde, sans être du monde. Il en est de même du chrétien qui y vit sans tanguer. Dans ce monde que nous ne devons pas déserter, nous y sommes comme le levain dans la pâte. Avec l’Apôtre Paul, je sais que « notre annonce de I’Evanglle chez vous n’a jamais été simple, mais puissance, action de l’Esprit-Saint, certitude absolue »

Dieu, le premier servi suppose un équilibre de vie dans notre monde, une relation raisonnable avec notre monde et pour notre monde I

Père Dieudonné MASSOMA