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Seigneur, apprends nous à prier.

Quand vous priez, dites : Notre Père…

La prière du « Notre Père… » est appelée “ Oraison dominicale ” parce qu’elle nous vient du Seigneur Jésus, Maître et modèle de notre prière. (CEC N°2775)

Le 03 Décembre prochain, la nouvelle traduction liturgique du « Notre Père… » entre en  vigueur ! « Ne nous laisse pas entrer en tentation… » devient la traduction liturgique officielle de l’Eglise particulière en France. Je sais que le débat a été houleux… On peut ne pas être d’accord sur cette formule. Mais on sera soumis à l’obéissance à notre Mère la Sainte Eglise, sous la conduite constante de l’Esprit-Saint, gardien de Dépôt, qui l’explicite et l’actualise ! Là encore, la tentation est trop forte pour ne pas succomber à nos opinions !

En reformulant cette partie du « Notre Père… » la conférence Episcopale de France est dans son rôle de gardien de Dépôt. Est-ce le signe des temps que les Evêques ont voulu accueillir et approfondir dans cette prière assez usuelle ?

Pour les intellos que nous sommes, est-ce la meilleure traduction dans la langue de Voltaire qui nous tient à cœur avec « ne nous laisse pas entrer en tentation » ? A se focaliser sur la traduction, on risque de perdre de vue son aspect pédagogique et spirituel ! Cette nouvelle traduction est surtout l’occasion de redécouvrir la centralité et la richesse de la Prière du Seigneur dans la catéchèse de notre temps ! En l’espace de quelques années, nous sommes entrés de plain-pied dans une Eglise catéchuménale, une Eglise de la première annonce du Dépôt révélée. Le glissement des mentalités et des comportements influence certainement la transmission de la foi. Le risque serait de rejoindre l’air du temps en nous éloignant petit à petit du point de départ, du centre.

Certes, traduire même avec beaucoup de patience et de compétence, c’est toujours trahir. Peut-on jamais atteindre la perfection dans une traduction ? Véritable gageure ! Dans une traduction, il n’y a pas qu’un problème lexical, grammatical, syntaxique ou que sais-je…, il peut aussi avoir une influence de culture et de contexte qui s’y incruste…

Pourrait-on voir une influence de l’air du temps dans cette traduction du Notre Père ? La question n’est plus à poser ; mais à introduire dans la compréhension de cette traduction ! Dans la prière du « Notre Père. », cherchons la dimension spirituelle ! Et la dimension spirituelle n’est pas dans l’alignement de mots et de paroles, mais dans ce que je veux dire à Dieu.

C’est pourquoi, retraduire le « Notre Père… » exprime un désir plus que légitime de comprendre et de faire comprendre son sens profond. C’est un message fort – et assez risqué aussi –  à l’endroit de ceux qui ont reçu la mission d’évangéliser, d’annoncer Jésus dans un monde qui n’en veut plus…, de faire redécouvrir à ce monde la dimension intérieure.

Je sais que les habitudes de notre prière, assez mécanique, ont pris le pas sur la « prière raisonnée », celle qui absorbe toute notre attention. La dissipation est un compagnon de  prière que j’aimerais abandonner sur la route ! Cette tentation me guête aussi ! Dès le 3 décembre, nous penserons la prière du « Notre Père », nous la méditerons sans la juger…

La prière renvoie toujours à une cherche constante d’un approfondissement de dialogue entre Dieu et l’homme. Les Mystiques diront que c’est une élévation de l’âme vers Dieu.

Cet échange est l’âme de la prière chrétienne et le sens de toute liturgie chrétienne.

Père Dieudonné MASSOMA,