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Ce péché qui nous aveugle

Le péché de ce siècle, la perte du sens du péché (Eugenio Paceli)

«On est tenté aujourd’hui d’expliquer (le péché) uniquement comme un défaut de croissance,comme une faiblesse psychologique, une erreur, les conséquences nécessaires d’une structure sociale inadéquate.» (C.E.C. N°387)

Or disait Jean Paul II «Il faut rétablir un juste sens du péché, car c’est la première façon d’affronter la grande crise spirituelle qui pèse sur ce temps.»

Jésus le rappelle dans l’Évangile “tout homme qui commet le péché est un esclave.» (Jn 8,34) aussi peut-on proclamer : «heureux celui à qui Dieu n’impute aucun péché.» (Rm 4,83)

Ainsi en ce temps de Carême l’Église rappelle que le péché a blessé l’homme, il a entrainé un désordre profond dans sa nature.

Blessé d’abord dans sa raison: le péché a rendu l’homme ignorant, blessé dans sa volonté, l’homme est devenu malicieux, blessé dans l’irascible, il est devenu infirme, l’effort lui coûte, enfin blessé dans sa sensibilité l’homme est tenté par la concupiscence.

Comme le dit le Psaume (57) «Depuis l’enfance, nous errons, et nous disons des mensonges.»

Cet amour désordonné de nous-mêmes nous entraîne à l’orgueil et enténèbre notre esprit

Ainsi en blessant notre intelligence le péché l’a aveuglé. Saint Paul disait aux nouveaux convertis:« Je vous le dis donc, et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement et leurs pensées enténébrées. Ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qu’a entraînée chez eux l’endurcissement du coeur.» (Ep 4, 17)

Dans un autre endroit, il dit «leur pensée s’est obscurcie et jusqu’à ce jour lors de la lecture de Moise un voile est posé sur leur coeur.» (2C 3, 14-15) Plus «Le feu est tombé sur eux et ils n’ont pas vu le soleil.»(Ps 57). La conséquence de cette ignorance a conduit aux hérésies, aux schismes, à l’infidélité, au péché contre le Saint-Esprit, au désespoir, à la présomption et à l’impénitence. Aussi seule la Foi peut apporter un remède (Hb 11) à ce qui est une véritable catastrophe spirituelle pour la nature humaine.

Car de même qu’on ne peut faire ses caprices en conduisant sa voiture, de même pour aimer Dieu. Il y a des règles à suivre. Ce sont les 10 Commandements.

Si le désordre ici bas se traduit par des échecs, scolaires

par exemple, la prison, ou le licenciement. De même dans la vie spirituelle le désordre se traduit à la fois par des châtiments temporels et éternels.

Dieu laisse l’homme à son conseil en lui accordant la liberté, mais il n’autorise à personne de faire le mal. Notre liberté doit donc nous aider à choisir le bien pour aimer, servir Dieu, le connaître. La liberté n’est pas une licence pour faire n’importe quoi.

Les pécheurs eux boivent l’iniquité comme l’eau. C’est donc à nous de faire le bon choix. Le bienheureux Paul VI disait «On croyait qu’après le concile le soleil brillerait sur l’Église. Mais au lieu de soleil nous avons eu les nuages et la tempête, les ténèbres et l’incertitude… Comment a ton pu en arriver là ?” On peut répondre sans crainte, le péché de l’homme y est sûrement pour quelque chose. Aussi devant un tel constat, implorons la miséricorde divine et la prière à Marie pour nous sauver. Saint Jean disait : «Mes petits enfants, je vous ai écrit ceci afin que vous ne péchiez point, mais si quelqu’un a péché, nous avons un avocat qui est Jésus.» (1J11, 2, 1.) N’oublions pas que le carême est un temps de pénitence, c’est-à-dire un temps pour reconnaître dans une bonne confession notre condition de pécheurs.