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EPI – Echo des Paroisses de l’Issole – 01/09/2019

EDITO :  « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs… »

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Voilà une attitude de Jésus qui étonne grandement ses interlocuteurs : l’accueil ! Pharisiens et scribes sont scandalisés. Ils ne peuvent s’empêcher de dénoncer cette attitude qui ne semble pas cadrer avec l’image du Messie attendu. Plus qu’un simple étonnement, les paroles des Pharisiens sonnent comme une condamnation, un rejet de l’homme Jésus, une mise en cause… Comment un juif pieux peut-il s’ouvrir à un publicain, un homme différent par la culture et par le culte ? Pour eux ce Jésus qui accueille le tout-venant a un visage plus proche d’un farceur que d’un sauveur.

J’aimerais bien nous proposer l’accueil pastoral comme thème de la nouvelle année. Lorsque nous réfléchissons à la dimension pastorale de l’accueil, nous devons regarder comment Jésus, le bon pasteur, accueille, écoute, marque sa proximité avec tous ceux qui viennent à lui.

D’abord, Jésus accueille de manière inconditionnelle tous ceux qui frappe à sa porte : malades ou bien portants, prostituées ou scribes, publicains ou chefs de synagogues, juifs ou centurions romains… Les Evangiles regorgent de nombreuses scènes où Jésus accueille.

Jésus accueille sans discrimination. Il ne choisit pas ses interlocuteurs. Il ne définit pas à priori le champ de ses relations. Il se laisse rencontrer et toucher par toute personne qui se présente à lui. Il accueille même les enfants et invite à accueillir le Royaume de Dieu comme eux (Mc 10,13…)

Dans sa vie publique, Jésus ne se présente pas seulement comme un homme qui accueille, mais aussi comme celui qui est accueilli. L’image que les Evangiles donnent de Jésus est surtout celle d’un homme en chemin. Il est sur les routes de Galilée pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume. Il n’a pas où reposer sa tête. Il s’arrêtait ici et là, au gré de l’hospitalité reçue : les bergers l’ont accueilli à sa naissance, Marthe et Marie lui ont offert l’hospitalité à Béthanie, Joseph d’Arimathie a accueilli son corps lacéré pour l’ensevelir dans un tombeau… A contempler la mission de Jésus sur terre, on peut oser dire que l’accueil précède l’annonce. L’accueil n’est pas seulement une attitude, une bonne manière…, c’est sa vocation, sa mission. L’accueil prépare le terrain de l’annonce.

« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (Jn 20,21). Nous connaissons la portée de cette recommandation de Jésus à ses disciples au soir de Pâques. Avons-nous imaginé que cet envoi suppose déjà notre proximité avec le monde ? Et lorsque je parle de « proximité avec le monde », il n’est pas question de dilution de l’identité du disciple. Il s’agit bien de l’accueil, une proximité rassurante qui me sort de l’anonymat, me fait exister et me donne une chance. « Femme, moi non plus je ne te condamne pas. Va et désormais ne pêche plus » (Jn 8,11…). Un tel accueil réhabilite, pardonne, ouvre à la conversion et à une prise de conscience…

« Comme Jésus m’a accueilli, moi aussi, j’accueille ». Voilà le slogan de la nouvelle l’année pastorale. Dès notre immersion dans l’eau baptismale, Dieu a largement ouvert ses bras pour nous accueillir : il nous a réhabilités en nous donnant la grâce d’être des « filii in Filio » (des fils dans Le Fils). Dès lors, notre vocation chrétienne prolonge et actualise cette attitude de Jésus : il été accueilli, Il a accueilli… A sa suite, nous sommes investis de cette mission dans notre monde et dans notre communauté des paroisses.

Alors que notre monde crée et met les moyens de communication à la disposition du grand public, on n’a jamais eu autant besoin d’être accueilli et écouté. Dans nos églises l’anonymat s’accentue à la sortie des Messes. Les amis se rencontrent volontiers laissant dans l’anonymat les quelques nouveaux visages de nos assemblées. Nos permanences – quand elles existent – jouent parfois le rôle de guides touristiques qui informent… Pourtant, l’accueil est le premier visage de l’Eglise qui écoute, rassure, accompagne… J’ai l’intime conviction que l’accueil pastoral est ce qui reste quand tout disparait.

Quels que soient nos engagements au cours de cette année, gardons à cœur cette attitude de Jésus. Nos assemblées de prières sont des lieux d’accueil : Dieu nous reçoit et nous envoie témoigner sa sollicitude dans nos différents lieux de vie. C’est le sens profond de « Ite misa est » : la fin du commencement !

 

P. Dieudonné MASSOMA

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