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EPI – Echo des Paroisses de l’Issole – 29/02/2020

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EDITO : « Les yeux fixés sur Jésus Christ, entrons dans le combat de Dieu »

Ainsi s’ouvre la prière de louange et d’action de grâces pendant tout le temps de carême. Dans la prière de l’office divin, on parle de « l’antienne invitatoire », une invocation à placer Dieu comme point de mire de la journée ! Et cette antienne résume l’essentiel de ce temps favorable en invitant à : « entrer dans le combat de Dieu » !

A première vue, le combat du temps du carême se comprend dans l’austérité, les privations de tout genre, la pénitence, la mortification, le don de soi (qu’on appelle la charité ou l’aumône) … Dans l’un ou l’autre cas, l’effort est demandé et parfois un sacrifice à consentir. Cet effort est une manière de sortir de soi pour rencontrer l’autre qui peut être Dieu ou le prochain. La liturgie parle du Carême comme un temps « d’entrainement » ! Les Sportifs peuvent bien nous aider à comprendre le terme « entrainement », comme un effort physique et/ ou moral pour surmonter une épreuve et gagner un trophée. L’entraînement est une préparation à la compétition, dans le but de gagner ou de vaincre.

Or, le risque d’une interprétation erronée du terme « combat » n’est pas loin : on peut surévaluer l’effort fourni, le considérer comme un but en soi, ce qui conduit à l’estime de soi. Dans le domaine du sport d’équipe, la performance personnelle vient souvent engloutir l’effort collectif. Si le génie individuel est reconnu, le collectif devrait être honoré : le cheval court et le cavalier gagne !

En ces derniers jours, le mot « combat » revient régulièrement dans les propos des grévistes, mais on a du mal à canaliser ce combat. Il a les élans d’un combat plus pour la sauvegarde des intérêts personnels que collectifs. Parfois, le combat engagé par une poignée de personnes finit par enrôler d’autres qui ne savent même pas quel serait l’objet de la victoire.

Le combat dont il est question au cours de ce temps de carême, précisons-le, a ses objectifs bien définis : le salut de l’humanité. Ce combat n’est pas d’abord « notre combat », une performance personnelle, egocentrique et égocentrée : c’est le combat de Dieu pour le bien collectif.

En effet, le premier à « souffrir » du péché de l’homme, c’est Dieu. Le premier à vouloir le combattre au côté de l’homme muselé par le mal, c’est encore Dieu. C’est pourquoi le texte de la tentation du Christ au désert, le 1er dimanche de carême, donne un sens profond au terme « combat ». Le Christ affronte les pièges du Tentateur, pour nous apprendre à les éviter et à résister…

Ce combat est d’abord son combat ! Il l’affrontera de manière unique et ultime sur/par la Croix, arme fatale de notre « ennemi » ! Aussi, notre regard n’est pas fixé sur nos efforts limités et parfois inconstants, mais sur Lui, le guerrier vigilant et habile, Jésus ! « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn. 15,5)

Au cours de notre traversée du carême, désert aride et terrifiant, le Christ combat pour nous, avec nous et en nous … Raison pour laquelle, pendant le Carême, l’Eglise nous demande de fixer notre regard sur Jésus, bouclier inamovible et rempart sécurisant, qui se place au front de la bataille.

Les lectures de ce temps de carême nous inviteront à convertir notre regard, à l’orienter, non vers mon moi (mon effort) ; mais vers Le Christ et vers le prochain. N’est-ce pas un meilleur effort de Carême ? Oui, je le crois ! Car, un ami prêtre me demandait un jour si je savais quelle était la plus grave maladie de l’homme aujourd’hui ! Sa réponse, tenez-vous tranquille, n’était pas celle que j’allais lui donner !  Il me répondit : « le cancer du nombril » ! Et il ajouta ce petit mot : « Ah, si le Bon Dieu nous avait mis le nombril sur le front, on aurait été obligé de regarder celui des autres, et non pas le sien » ! Nos combats ne sont-ils pas tournés vers notre nombril, notre égo ?

« Les yeux fixés sur Jésus Christ, entrons dans le combat de Dieu » est une invitation à se dessaisir, à sortir de soi, à se donner, à s’ouvrir… : c’est la circoncision du cœur dit l’Apôtre Paul (R m 2,29). Telle est la vraie démarche du Carême résumée dans ces trois mots : charité, prière, jeûne !

En nous souhaitant « un saint et fructueux temps de carême », fixons résolument notre regard sur le Christ, lumière de notre vie, et entrons avec Lui dans le combat de Dieu qui débouche inéluctablement dans la gloire du Ressuscité !

P. Dieudonné MASSOMA

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