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Je voudrais conclure notre série de méditations sur une note salvifique qui nous vient de Dieu. Il vient nous secourir lorsque nous crions vers Lui.

 Suite et fin

 « Maître, nous sommes perdus ! Cela ne te fait rien ? » (Mc 4,38)

Dieu vient au secours de nos cris

 

Avec le prolongement du confinement, signe d’un virus qui a imposé son règne de mort, les plus sceptiques sur l’action de Dieu dans notre vie consolident leur conviction, ceux qui croient tanguent un peu à l’image de la barque qui transporte les disciples pour la traversée vers l’autre rive.

Face au désastre causé par le Covid-19, le cri retenti avec une plus grande acuité « Maître, nous sommes perdus ! Cela ne te fait rien ? ». Ce cri de dépit à l’égard de Dieu est l’expression parfaite de notre manque de confiance. J’ai l’intime conviction qu’au cœur de cette barque en détresse, ce qui doit inquiéter les occupants, ce n’est pas la présumée indifférence de Jésus, mais bien au contraire leur manque de foi en Lui… Souvenons-nous de cette interrogation bouleversante de Jésus : « quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Luc 18.8…). La foi est un lien intime et profond qui unit l’homme à Dieu. Ce lien intérieur est fortement menacé dans notre monde secoué par diverses formes de tempête.

Pour le Cardinal Sarah, « la crise actuelle est une parabole » (Valeurs Actuelles du 13/04/20). Et le propre d’une parabole est d’être une parole imagée à déchiffrer. Le Covid-19 est une leçon que le monde sera appelé à déchiffrer et surtout à en vivre pour que rien ne soit plus comme avant. A mon humble avis, la question n’est pas de savoir si le monde arrivera à traverser cette crise sanitaire, mais comment va-t-il en sortir ? Quelle leçon allons-nous en tirer ? Qu’est-ce qui doit changer ? Notre vieil homme va-t-il se changer en homme nouveau ? J’espère que L’Eglise, avec ses prêtres et ses fidèles, tout comme la société civile, tirera une leçon de cette crise. Je crains juste que l’été qui approche avec son soleil charmant risque de nous laisser happer par le bronzage et de nous faire oublier les bonnes résolutions du confinement. Chaque crise appelle à un changement de trajectoire, à une nouvelle manière de fonctionner… Les fidèles chrétiens n’oublieront pas de sitôt les beaux moments de la prière domestique, lanterne de la foi de l’Eglise. Les valeurs de solidarité et d’engagement citoyenne ont été réchauffées et mises en lumière.

Comment oublier « la fumée de l’illusion » qui traverse le ciel de notre époque ? Alors que le monde se projetait sur l’indice de croissance, planifiait la réduction du taux de chômage et donc de la pauvreté…, voilà que la présence d’un virus bouscule tout et contraint le monde à se mettre à genoux, symbole fort de l’abaissement, de la fragilité, de l’humilité… De même que le Covid-19 révèle la vulnérabilité de l’autosuffisance des hommes de notre temps, de même la tempête qui secoue la barque fait découvrir aux disciples qu’ils ne peuvent ramer sans le secours de Celui qui semble dormir… Me revient à l’esprit la prière du psalmiste pris au fond du désespoir et du découragement : « Vois, Yahvé ne dort ni ne sommeille, il est le gardien d’Israël » (Ps 121, 4).  Il se rappelle que le secours lui vient du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Le sommeil de Jésus est un retrait stratégique, un moment où Il laisse l’homme exercer pleinement la liberté de se référer à Lui ou pas. Son sommeil est révélateur d’une présence-absence. On peut être troublé et inquiet de son « semblant de silence », mais il est toujours là, comme il l’a promis (Mt 28,20). Jésus sauve ses disciples comme il délivrera notre monde de la tempête du Covid-19. Mais Jésus ne manquera pas de faire remarquer notre Foi timide. Notre monde industrialisé s’éloigne un peu trop de Dieu, il refuse de « s’inscrire dans un réseau de dépendance » (Card Sarah ibid.).

Permets, Seigneur, que notre confiance en Toi ne nous fasse jamais défaut, parce que tu es présent dans notre monde, dans ton Église, en chacun de nous et, par-delà les apparences, Tu agis sans cesse en notre faveur : « Silence, tais-toi ! »(Mc 4-39)

Que le Seigneur vous bénisse

Père Dieudonné MASSOMA